QUELQUES LECTURES SUR LA QUESTION DES DYNAMIQUES RURALES EN AFRIQUE NOIRE

lundi 7 novembre 2011
mis en ligne par  Yveline Dévérin

:-(En dehors des polycopiés que je vous ai mis en ligne, je vous conseille de consulter les document suivants que j’ai sélectionnés parce qu’ils sont téléchargeables directement et gratuitement. Les liens vous envoient en fait sur le site de documentation de l’IRD qui est à consulter pour toutes les questions relatives au monde tropical (et pas seulement l’Afrique noire).

L’ouvrage de référence sur les nouvelles tendances de l’agriculture est la thèse d’État de Jean-Louis Chaléart : Temps des villes, temps des vivres : l’essor du vivrier marchand en Côte d’Ivoire (1996) 682 p.

Pour ceux d’entre vous qui préfèrent « aller à l’essentiel », l’auteur a rédigé un article qui reprend les idées essentielles de sa thèse : « TEMPS DES VIVRES TEMPS DES VILLES Pour une nouvelle approche des campagnes ivoiriennes » (18 p...) 1997.

Toujours du même auteur, une étude sur le lien entre la croissance urbaine et les dynamiques rurales : CROISSANCE URBAINE ET DYNAMISME RURAL :
L’igname des Lobi (Côte d’Ivoire)

(19 p.).

A côté des nouvelles formes de développement rural, nombre d’auteurs, dans plusieurs pays font l’observation d’une émigration inversée : celle des citadins vers le monde rural. C’est une observation qui est notée de façon marginale depuis le début des années 90, en lien avec la crise du monde urbain. De marginale, cette réalité s’impose de plus en plus aux observateurs. Il semble clair qu’il faut tordre le coup au mythique et politiquement habituel « exode rural » qui vide les campagnes et déverse en ville des hordes de paysans désorientés. L’émigration urbaine est une réalité dont les politiques africains doivent tenir compte. Elle s’est imposée depuis la fin des années 90.
Les travaux les plus précoces et aussi les plus complets me semblent être ceux de Cris Beauchemin qui met en ligne certains des documents qu’il a produits. Je vous invite, si le sujet vous intéresse ou simplement vous intrigue à consulter (et même lire !) sa thèse « Le temps du retour : émigration urbaine en Côte d’ivoire, une étude géographique » (407 p.). L’article de synthèse n’est pas encore en ligne, mais on lira avec profit un autre document du même auteur, sur le même problème global in les Cahiers québécois de démographie : : Pour une relecture des tendances migratoires
internes entre villes et campagnes : une étude
comparée Burkina Faso-Côte-d’Ivoire

Notez bien que s’il y a plus de travaux sur la Côte d’ivoire et le Burkina, c’est simplement lié à la présence de chercheurs sur ces thèmes dans ces pays et à la facilité d’accès à leurs publications. Des collègues camerounais ont fait les mêmes observations chez eux, il est malheureusement difficile d’avoir accès à leurs travaux, encore plus difficile de vous donner un accès direct en ligne.

Dans le bouleversements récents du monde rural, on notera aussi la perte de vitesse de certaines zones de plantation qui se dépeuplent au profit de nouvelles zones de culture. AFFOU YAPI Simplice, chercheur ivoirien, a ainsi pu montrer comment on a, dans « La boucle du cacao, une situation migratoire inversée » , ORSTOM, 1991, p. 307-315. (Colloques et Séminaires)

Enfin, pour ce qui concerne l’exemple remarquable du pays séreer dans le bassin arachidier sénégalais, je rends compte des travaux de référence de Paul Pélissier : Les paysans du Sénégal, les civilisations agraires du Cayor à la Casamance (1966). Certaines informations contenues dans cet ouvrage n’ont jamais été reprises complètement ensuite et sont considérées par les auteurs successifs comme acquises.
Je conseille le bel article de Pierre-Xavier Trincaz : Transformations sociales dans les zones nouvelles d’implantation rurale. Les serer dans les terres neuves du Sénégal oriental, Cahiers ORSTOM.Série Sciences Humaines, 1979, 16 (1-2), p. 19-36. Il est ancien, mais très bien fait et pose des questions, donne des réponses qui sont toujours précieuses pour comprendre les mécanismes.
On ajoutera avec profit l’article de J-P Dubois « Les Sérer et la question des terres neuves au Sénégal », Cahiers ORSTOM.Série Sciences Humaines, 1975, 12 (1), p. 81-120.

Enfin, pour la situation plus récente, André Lericollais, l’auteur du film, « Molaan, des troupeaux sans pâturages » a aussi publié, en collaboration avec Adama Faye un article qui reprend l’étude qui est donnée dans le film. Cet article est intitulé « Des troupeaux sans pâturages en pays sereer au Sénégal » (1995).
Je vous rappelle que le film peut être vu à la vidéothèque de la BU, il a été commandé exprès pour vous !

Un suivi de cette recherche de référence a été réalisé récemment par Jean-Paul Dubois et Pierre Milleville qui ont publié un compte rendu de leurs travaux dans « L’agriculture sereer sur les terres neuves, quinze ans plus tard » in Milleville Pierre, Blanc-Pamard C. (préf.) « Une agronomie à l’oeuvre : pratiques paysannes dans les campagnes du Sud », p. 90-106. Malheureusement, pas de lien vers un pdf !:-(

En revanche, on consultera avec profit l’ouvrage collectif « La ruralité dans les pays du Sud à la fin du XXe siècle », ORSTOM, 1997, 768 p.

Bonnes lectures !


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